mercredi 20 janvier 2010

Christmas day

Pendant les trois semaines qui ont précédé Noël, certains étudiants de chaque classe avaient durement répété chaque jour une heure avant les cours une petite chanson,

  une danse moderne ou traditionnelle,


ou même un concours de beauté pour les Anoubans (moins de 6 ans) pour ce grand spectacle de fin d'année pas forcément, d'ailleurs, en rapport avec le thème de Noël.

 
Pays à majorité Bouddhiste, en Thaïlande on ne fête Noël que grâce aux commerçants et à une célèbre marque de soda qui a rendu le mythe plus... vendeur. Il est vrai que la neige, et a fortiori des températures négatives, relèvent pour les Thaïs de la fantaisie pure, de la science fiction ou de l'art abstrait.


Une classe avait même préparé une petite comédie musicale à l'américaine à propos de la façon de préparer Noël du côté occidental, et rien ne manquait : Marie, Joseph, Jésus, un mouton, une famille devant le sapin en plastique, un chœur, un play-back, une dinde en polystyrène et un message d'amour digne d'un happy end.



Même Santa Claus était là, transpirant par 32°C sous sa barbe et distribuant des bonbons aux enfants et créant ainsi l'hystérie collective.

Les élèves s'étaient donc paré de leurs plus beaux atours pour ce jour unique où l'uniforme n'était pas obligatoire. La Thaïlande passe pour être un pays plutôt tolérant. La question de la parité ne se pose même pas, quant à celle de l'homosexualité, jugez par vous-même les atours de cet élève qui nous révèle souvent son goût pour les vêtements féminins plutôt courts...


Nous avons pu constater que les élèves gays manifestent sans honte leur préférence et tiennent leur place, sans trop caricaturer, dans chaque classe, au même titre que l'intello, le cancre, le bagarreur, le gros, le paresseux, la petite peste, l'endormi ou la pimbêche. Ce jeune homme de 14 ans passe pour être, de plus, un remarquable danseur (voir neuvième photo) dont l'école peut s'enorgueillir même si la sœur principale doit lui demander de temps en temps de retirer son maquillage...

Ce jour-ci, chacun s'était donc révélé sous son vrai jour.


Les professeurs, quand ils ne faisaient pas répéter les enfants, étaient, quant à eux, chargés d'animer un petit stand de jeu où, contre du vrai argent, on pouvait gagner de faux cadeaux : des biscuits mous, des nouilles, des corbeilles vides en plastique, des stylos à usage unique, du papier WC...


ou se changeaient carrément en animatrices...


Après avoir essayé une douzaine de fois de gagner au bingo et, comme les plus chanceux, repartir avec une peluche Pokemon XXL, nous avons finalement dépenser ce qui nous restait contre des friandises bon marché et autre boissons sucrées à l'instar des élèves.


C 'est à l'occasion de ce genre d'événement non-conventionnel au sein de l'école que l'on peut mesurer véritablement l'affection que les élèves ont pour leur école, leur amis ou leurs professeurs même quand il s'agit de deux "farang" (étrangers) comme nous. Nous nous sommes donc couchés, ce soir-là, bien fatigués par le rangement des diverses attractions, mais avec le sentiment léger d'être bien intégrés et appréciés de la part de nos élèves qui ne ne sont pas privés de nous demander de poser, nous aussi, pour leurs propres photos.


Pour ce jour de grande festivité, toutes les familles étaient conviées ainsi que tous ceux qu'un bol de nouilles chinoises pimentées ou qu'une brochette de poulet sauce saté pouvaient tenter.

Au total, plus de 3000 personnes s'étaient déplacées pour l'événement.

 

A l'année prochaine, Père Noël !


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