mercredi 4 novembre 2009

Thaïlande : un pays en couleurs

En Thaïlande, comme dans sans doute beaucoup de pays qui n’ont pas oublié de rester spirituels, il y a beaucoup de célébrations symboliques.


 Ainsi, une semaine avant d’aller à notre premier cours, Marie et moi avons assisté, non sans émotion, à la grande fête végétalienne. Durant 10 jours et 9 nuits, les participants à cette fête sino-thaïe, se doivent de jeûner un peu et de ne pas consommer quoique ce soit d’origine animal (lait et œuf en sont exclus). Chaque soir, cela donne lieu à d’immenses processions de gens entièrement vêtus de blanc (nous avons aussi respecté ce principe symbolique), chantants et munis d’une fleur de lotus, d’encens et de prières à la main, suivants des médiums en transe. La journée, ces médiums font le tour de certaines boutiques où est disposé un petit autel (encens, fruits, fleurs, eau, alcool). Les propriétaires, assis, attendent la visite de ces médiums, dont les joues sont perforées d’objets aussi divers que surprenants (cadre de vélo, cisaille, pointes, support d’antenne parabolique), pour recevoir une bénédiction (ils supportent la douleur, la souffrance pour les autres). Puis, on fait éclater suffisamment de pétards pour raser une ville et éloigner tout ce qui pourrait porter la poisse. C’est très impressionnant ! Quelques photos soft tirées de nos vidéos que les âmes sensibles se doivent tout de même d’éviter de regarder.


Il ne faut pas forcément y voir, je pense, de la superstition, mais plutôt un moment de se rappeler ce qui est bien de faire : s’élever spirituellement, manger sainement, supporter la douleur pour les autres (et peut être s’épargner une souffrance future ?). 


Après une escapade en Malaisie (autant pour les visas que pour notre plaisir) et une sur les îles de la mer d’Andaman (notamment Ko Lanta), nous voici prêts a travailler vraiment.
 
 

 Nous avons été autorisés à nous mettre au travail dès la semaine du 26 octobre avec pour tâche d’enseigner.


Le directeur nous a confiés, à Marie et à moi, deux périodes différentes : Marie aurait les 7-11 ans et moi, les 12-15 ans. Nous avons 18 classes d’environ 50 élèves par semaine. Pour Marie, la difficulté est supérieure en raison, parfois, de l’absence totale de langage commun, ce qui n’est pas sans peine pour donner des instructions. Elle est donc parfois accompagnée d’un professeur local pour traduire ou appuyer son travail.
Marie est appelée Teacher "Malee" ce qui rappelle le nom d'une fleur locale. Quant à moi, pour les élèves comme pour les professeurs, je suis Teacher "Fluke". N'arrivant pas à prononcer mon nom je leur ai proposé de m'appeler Flo comme tout le monde mais ils entendent la même chose que "fluke" qui signifie quelque chose comme "chanceux"...


Cette première semaine fut éreintante autant pour Marie que pour moi, et je dois manger comme quatre au diner pour récupérer (ce qui ne manque pas d’étonner les sœurs avec lesquelles je dîne tous les soirs).

Les élèves se montrent, dans l’ensemble, curieux et respectueux envers chaque professeur. Biens alignés dans leur uniforme devant le drapeau pour chanter l’hymne national quotidien, les élèves sont prêts à écouter comme chaque jour un discours sur le respect, la discipline ou la manière d’attacher ses cheveux. Puis, ils rejoignent toujours la même classe accompagné du professeur. Avant le cour, ils lui disent bonjour et attendent son signal pour s’assoir. A la fin du cour (1h), ils se lèvent à nouveau pour le remercier et espérer qu’ils aient été suffisamment sages pour ne pas se prendre un coup de baguette sur les fesses.
Les professeurs représentent l’exemple quasi absolu (après le Roi et les moines) : eux-mêmes dans un uniforme parfaitement repassé et dont la couleur change selon le jour de la semaine pour s’adapter en fonction de tel symbole ou de tel exemple (un médecin ayant dit un jour au Roi de porter du rose le mardi pour son bien, depuis chaque semaine, ce jour précis, tout le monde porte un polo rose), ils représentent la rigueur, le savoir et la sagesse.
Pour leur respect, les professeurs se doivent d’être attentionnés et courtois (et non pas autoritaires et condescendants) envers les élèves. Même s’il n’y a jamais de mépris ou d’insulte, il ne faut quand-même pas se leurrer, et les élèves de ces âges ont les mêmes besoins et les mêmes envies que nos chères têtes blondes, et un rappel à l’ordre n’est jamais inutile. Mais le système semble rôdé et fonctionner : un élève ne répond pas « non » à un professeur, il retire ses chaussures quand il entre dans la salle des profs et se présente à genoux à son bureau. Les professeurs ne fument pas et ne sont pas non-plus sous Prozac.


 

En début de deuxième semaine, nous avons eu la grande joie d’assister à une nouvelle fête : Loy Krathom. « Loy » signifie flotter, et « Krathom » est une offrande faite d’une rondelle de bananier, de fleurs et de feuilles de bananier le tout plié et épinglé de façon à ressembler à une fleur de lotus, symbole d’élévation spirituelle ( elle a les pieds dans la vase, la tige entre l’eau et le ciel et la tête dans la lumière). Cette offrande est ensuite jetée à l’eau, une bougie (la Lumière) et de l’encens en son cœur, après avoir demandé pardon à la rivière pour son exploitation et la pollution que lui occasionne chacun durant l’année.


Cette fête, célébrée un jour de pleine lune pendant la période d’octobre-novembre, est l’occasion de s’habiller avec des couleurs chatoyantes. Je vous laisse admirer les habits et le maquillage des petits comme des grands, des garçons comme des filles. Nous avons été invités, nous aussi, à participer dans ce flot de couleurs, à la fête : Marie avec les tout petits et moi, plus tard dans la soirée (il est vrai que j’ai pris plus de 200 photos cette matinée-là !) à la pleine lune.





1 commentaire:

  1. Salut les amis!
    Vos photos sont magnifiques! J'aime consulter votre Blog. Nous venons en Thaïland en mai! J'espere qu'on réussira à se voir!
    Grosse bise

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