samedi 17 octobre 2009

Scout toujours...

 

A peine les vacances ont-elles commencées que les élèves, ainsi qu'une trentaine de profs, doivent se mettre au garde-à-vous dès cinq heures du matin !?

En effet, 35 des 100 professeurs de l'école ont troqué leur polo contre un uniforme et un béret pour encadrer 500 des élèves de notre école au camp scout. Situé à la lisière de la jungle et près d'un lac, l'immense centre aéré s'est transformé pour une durée de trois jours en camp retranché pour adolescents surexcités.
Ainsi, nous avons pu assister à de multiple activités de plein air dans la boue, la sueur et la bonne humeur générale.

Au programme : gym matinale à 5h tapante sur la musique techno locale (sono deux fois 500w), petit déj (riz, œufs frits, poissons grillés, saucisses fumées, légumes vapeur et sauce  pimentée : le p'tit déj des champions !). Puis, levé de drapeau sur hymne national, discours du jour, et tout le monde en groupe de 30 pour les activités du jour.

Le premier jour, après le passage obligé dans la tranchée du camp pour y être bizuté à coup de peinture blanche sur le nez, et les salutations respectueuses à la statue du père du Roi actuel (un poulet, un verre de whisky et quelques brins d'encens sont déposés en offrandes), les élèves se sont répartis en petits groupes. Nous avons encadré l'un des groupe pour une promenade éducative autour du lac : énigmes, devinettes, mimes, jeux d'adresses et parcours d'orientation.

Ce fut très enrichissant pour Marie et moi d'assister à l'échange prof-élèves. Ce qui est surprenant c'est leur attitude réciproque. L'autorité au sens occidental du terme n'existe pas. Nous avons vu que les profs sont plutôt considérés comme des grands frères ou grandes sœurs que comme des flics (même à l'école ou dans la rue et envers tout le monde : un aîné va appeler une personne plus jeune "petit frère" ou "petite sœur"). Chose impensable en France. Ici, les profs sont pour ainsi dire appréciés des élèves et tout se passe sans haussement de ton. D'ailleurs chacun y va de sa petite blague sur les grosses jambes d'une-telle, du poids de celui-ci ou de l'attitude efféminée d'un des élèves. Le tout est de mesurer le ton et de le faire au bon moment : ça ne viendrait à l'esprit de personne de saluer de travers, de ne pas honorer l'ordre d'un prof ou de huer l'hymne national. Le but est de rire ou de désamorcer une situation gênante, pas d'humilier ou d'isoler.


C'est l'attitude "sanouk" : dans chaque chose il y a une part de gaieté.



Humilité, gaieté et respect sont les trois concepts inhérents au mode de vie Thaï.

Le soir, différents ateliers dans le camp sont proposés : chants, conseils pratiques pour la nurserie, comment faire du feu, révision des nœuds. Nous avons pu ainsi apprendre à faire cuire du riz à la vapeur à l'intérieur d'un tube de bambou et cuire des patates douces à même les braises : un régal.

Deuxième jour, après une courte nuit et la gym matinale, les élèves se sont salis  les genoux et les fesses sur les 10 agrès que nous avions montés auparavant : un parcours du petit combattant en bonne et due forme.


Toujours dans la bonne humeur, pas à un seul moment nous avons senti une quelconque tension : ni dispute, ni réprimande.
Au moment du repas (chaque groupe s'est fait sa propre cuisine) et du rangement, chacun s'acquitte de sa tâche avec zèle sans ostentation.

L'après midi, après quelques manœuvres de scouts, chaque groupe à répété une danse, un sketch ou une chanson pour une grande fête nocturne autour d'un feu de camp fait de quelques néons multicolores, et nous avons été conviés à participer à la musique ainsi qu'à la fameuse danse des mains recourbées, le tout dans l'hilarité générale. Un grand moment de bonheur.

Chaque jour un ou deux petits anniversaires sont célébrés pendant les nombreux discours de la journées et chacun doit se sentir, même dans les flots des uniformes, reconnu comme un individu propre. C'est d'ailleurs un thème essentiel de l'éducation Thaïe, d'après ce que nous avons pu nous-même lire (en anglais) d'un manuel d'enseignement. On vous laisse deux minutes penser à notre système éducatif à nous...


Le dernier jour fut consacré, en plus des discours habituels auxquels nous avons été étanches en raison de la barrière de la langue, au rangement et au nettoyage du camp avant de prendre l'un des dix bus affrétés par l'école pour que chacun puisse profiter du week end et de la grande fête végétarienne du moment : 10 jours de couleurs, de spectacles et de légumineuses.

Vous croyez peut-être que ce sont les élèves des parents les plus riches qui ont participé au camp scout ? Pas du tout, l'école à dû sans doute participer à quelques frais mais c'est l'État qui régale, et quel régal !

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